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Aurore Thibaud, cofondatrice de Laou

Le site internet Laou a pour but de favoriser une certaine forme de mobilité. De quelle
façon​ ​?

Laou aide les personnes qui veulent changer de ville à trouver des opportunités de travail sur
le territoire qui leur convient.

Son principe est simple : la personne s’inscrit sur le site, elle est invitée à choisir le type de
qualité de vie qui l’intéresse – par exemple : soleil, richesse culturelle ou montagne… Elle
renseigne également son statut – indépendant, salarié, entrepreneur… – et son métier. À
partir de ces données, nous lui proposons des opportunités de travail correspondant à ses
attentes : entreprises qui embauchent, incubateurs, pépinières, etc. Elle peut alors postuler
directement sur le site.

Laou, c’est aussi toutes sortes de conseils pour aider les candidats à franchir le pas, des
témoignages, des possibilités de poser des questions sur la ville de destination, auxquelles
répondent des ambassadeurs ayant eu la même démarche précédemment. Nous
commençons aussi à organiser des webinaires pour répondre collectivement aux questions
ou accompagner les personnes qui entreprennent une mobilité.

« Nous voulons casser l’idée que quitter Paris, c’est se déclasser. »

Le site est en ligne depuis début 2017, mais nous continuons sans cesse à proposer de
nouvelles versions, de plus en plus riches en contenus.

Pour l’instant, nous nous adressons surtout à des personnes de la région parisienne, qui
sont les plus nombreuses à souhaiter partir, mais en même temps les plus réticentes : la plupart
ont fait la démarche de « monter à Paris » et ont l’impression que quitter la capitale, ce serait
« redescendre », donc se déclasser. L’objectif de Laou, c’est justement de casser cette idée.

Vous avez vous-même fait cette expérience de retour en province. Comment
l’avez-vous​ ​vécue​ ​?

Après avoir grandi dans la très grande campagne, puis avoir souvent déménagé, je me
trouvais à Paris depuis trois ans, j’avais même acheté un appartement. C’est dire si je
n’avais pas prévu ce départ dans l’immédiat. Je savais qu’un jour je quitterais la région
parisienne mais je n’étais pas prête, pour ces raisons absurdes de peur de « redescendre ».

Vers la mi-2016, j’étais déjà en train de créer Laou, avec ma co-fondatrice Perrine Bailly, et
nous avions besoin de trouver un accompagnement par un accélérateur. A Paris, ça semblait
impossible : ces structures sont prises d’assaut par des porteurs de projets bien plus solides
que l’était le nôtre et il n’y en avait pas de spécialisés dans notre domaine d’activité.

« Je voyais l’Auvergne comme un eldorado sur les questions de territoire. »

Nous avons eu connaissance de l’appel à projets du Bivouac sur la mobilité et nous avons
postulé : ça nous paraissait une structure à la fois intéressante et sympa. Je connaissais
aussi ce que faisait l’ARDTA ou Auvergne Nouveau Monde ; je voyais l’Auvergne comme un
eldorado sur mon métier, sur les questions de territoire. Et nous avons été sélectionnées !

Perrine est restée à Paris pour s’occuper de notre cible et j’ai fait le choix de m’installer à
Clermont, à partir de janvier 2017. Et ça s’est très bien passé !

Justement, en tant que nouvelle arrivante, comment perçois-tu Clermont-Ferrand et
quels​ ​sont​ ​selon​ ​toi​ ​les​ ​atouts​ ​du​ ​territoire​ ​en​ ​termes​ ​d’attractivité​ ​?

Je ne connaissais pas du tout la région en arrivant mais j’étais manifestement
auvergno-compatible. J’adore l’Auvergne. D’abord pour le côté bon-vivant, que je
recherchais.

C’est une région qui a du style. Les bistrots sont stylés, les paysages sont stylés et surtout
les gens : ils sont fiers, costauds, toujours en recherche d’excellence et en même temps ils
ne se prennent pas la tête. Ces mentalités sont en perdition, surtout dans les jeunes
générations, et je suis heureuse de les retrouver ici.

Certes, les murs de la ville ne sont pas blancs, il n’y a pas de [fleuve] mais il faut parler des
gens. Il faut valoriser les Auvergnats !

By | 2017-09-19T14:37:18+00:00 13 septembre, 2017|News|0 Comments